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Chapitre 10

Quatre façons de faire vivre un plan

Mis à jour le

En bref

Il existe quatre façons courantes de tenir un plan stratégique à jour : un fichier partagé, l’onglet Objectifs d’un outil de gestion de projet, le suivi par un consultant et une mécanique par courriel. Ce qui les départage est la fréquence qu’elles exigent et la personne qui doit les nourrir. Avec moins de trois responsables, le fichier partagé suffit.

Les quatre fonctionnent, dans des situations différentes. Lisez le tableau par la troisième colonne : c’est la fréquence qui décide. La dernière montre à quoi ressemble l’échec, pour le reconnaître avant qu’il s’installe.

La méthodeQui doit la nourrirÀ quelle fréquenceCe qui casse en premier
Le fichier partagéUne personne, toujours la mêmeAvant chaque comitéPlus personne ne sait quelle version fait foi
L’outil de gestion de projetChaque responsable, en s’y connectantEn continu, en principeL’onglet des objectifs, qu’on cesse d’ouvrir
Le suivi par le consultantLe consultant, en vous relançantUne fois par trimestreLe budget, puis le lien quand le mandat finit
La mécanique par courrielChaque responsable, en répondant à son courrielSelon la cadence choisieLe responsable qui ne répond pas, ou qui répond « ça avance »
Quatre façons de faire vivre un plan stratégique

Le fichier partagé

C’est la méthode la plus simple, et elle est sous-estimée. Un chiffrier, une ligne par projet, une échéance, un responsable, un état : tout le monde sait s’en servir, et le comité le lit de haut en bas en trois minutes. Avec un ou deux responsables, elle marche très bien.

Ce qui casse arrive plus tard. La personne qui tient le fichier devient le goulot, quelqu’un en fait une copie pour un comité, et six semaines après plus personne ne sait laquelle fait foi. Le fichier ne meurt pas d’un coup. Il se dédouble.

L’onglet Objectifs de votre outil de gestion de projet

S’il existe, l’argument se tient : l’outil est déjà là, les responsables y ont un compte, tout est au même endroit. Il décroche pourtant pour la raison du chapitre précédent. Un responsable n’y suit le plan que quelques fois par mois, et le coût de réentrée ne s’amortit pas à cette fréquence. Bien souvent, le même outil fait vivre les projets et laisse mourir les objectifs. Gardez-le pour ce qu’il fait bien : suivre un plan stratégique est un autre métier.

Le suivi par le consultant

Celui qui a animé la démarche revient chaque trimestre, relance les responsables, met le document à jour et anime la rencontre de suivi. C’est souvent ce qui marche le mieux : un humain qui relance obtient des réponses, et un regard extérieur pose les questions que l’interne n’ose pas poser.

Deux limites, qui ne disent rien de la qualité du travail. C’est un mandat qui se renouvelle et qui se compare, au moment du budget, à d’autres dépenses. Et le suivi vit dans la relation : quand le mandat s’arrête, la mécanique s’arrête avec lui. Ces deux limites se font surtout sentir au renouvellement, quand il faut justifier de payer encore un suivi qui a bien fonctionné.

À lire : Pekavia pour les consultants

La mécanique par courriel

C’est la façon de faire de Pekavia, qui publie ce guide, et elle vient en quatrième, pas en conclusion. Si le problème est qu’il faut aller quelque part, n’allez nulle part. Chaque personne reçoit un courriel qui ne contient que ce dont elle est responsable, et elle y répond en langage normal, comme à un collègue : « c’est fait, Marie s’en occupe, jeudi ». L’échéance, le responsable et l’état d’avancement se mettent à jour, sans qu’elle ait rien ouvert.

Pour les responsables, le coût de réentrée disparaît : ni connexion, ni mot de passe, ni tableau à retrouver, et le courriel rappelle lui-même où en est chaque élément. Une personne configure l’espace ; les autres n’ont pas à ouvrir le logiciel pour tenir leur part à jour. Après chaque réponse, un accusé dit ce qui a été appliqué, ligne par ligne, et ce qui n’a pas été traité, avec la raison : une demande ambiguë se précise en une phrase au lieu d’échouer en silence.

Ce qu’elle ne règle pas : les orientations restent celles du comité, et la rencontre où l’on décide reste nécessaire ; elle évite seulement d’y passer la première demi-heure à reconstituer où on en est. Un responsable qui ne répond pas ne fait rien avancer, et une réponse comme « ça avance » n’en dit pas plus au plan qu’au comité. Certaines opérations, comme supprimer un élément ou confier une tâche à plusieurs personnes, se font encore dans le logiciel.

À lire : ce que ça coûte, prix affichés

Laquelle choisir

La règle tient en deux seuils, et le premier va contre l’intérêt de Pekavia. Avec moins de trois responsables, prenez le fichier partagé : tout le monde sait où on en est, la coordination se fait dans le corridor, et il n’y a rien à réparer.

À partir de cinq ou six responsables, la question devient : qui va nourrir le suivi ? Si une personne en a le temps, le fichier tient encore. Si la réponse est « tout le monde devrait », prenez le consultant pour avoir aussi un regard extérieur, ou le courriel pour un suivi qui tient sans mandat.

Entre les deux seuils, un dernier critère tranche : vos responsables travaillent-ils dans le même édifice ? Dès qu’il y a deux sites, des quarts décalés ou du télétravail, l’information cesse de circuler d’elle-même. C’est souvent ce moment qui justifie une relance organisée, par un consultant ou par courriel.

Si votre dernier plan dort quelque part

Vingt minutes suffisent pour voir ce que ça donne sur le vôtre. Vous arrivez avec le document que vous avez, ou avec rien du tout : trois questions suffisent à en poser une première version.