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Chapitre 12

Les erreurs qui font dérailler un plan stratégique

Mis à jour le

En bref

Les erreurs qui font dérailler un plan stratégique de PME se ressemblent d’une entreprise à l’autre : trop d’orientations, des objectifs sans chiffre, des responsables collectifs, des projets absents du budget, un suivi qui repose sur la mémoire d’une seule personne. La plupart se repèrent avant le lancement, bien avant qu’un projet prenne du retard.

Aucune ne tient à un manque de compétence. Elles viennent de la même pente : il est plus confortable d’écrire un plan qui ne renonce à rien, ne désigne personne et ne fixe aucune date.

  • Trop d’orientations

    Chaque membre du comité fait inscrire la sienne, et le plan en compte huit. Quand tout est prioritaire, c’est l’urgence du jour qui décide.

  • Un plan que le comité n’a pas choisi

    Un consultant ou le dirigeant arrive avec un plan déjà écrit, et le comité l’approuve. Au premier arbitrage difficile, personne autour de la table ne le défend.

  • Des objectifs sans chiffre

    « Améliorer le service à la clientèle » ne dit ni d’où on part ni quand on aura réussi.

  • Des responsables collectifs

    « Ventes », « Direction », « Tous ». Quand un service est responsable d’une ligne, personne ne l’est.

  • Des projets absents du budget

    Le plan d’action et le budget se préparent chacun de leur côté. Avant l’adoption, faites vérifier par le contrôleur que chaque projet a sa ligne au budget.

  • Des échéances qu’on ne peut pas manquer

    « Dès que possible », « au besoin », « en cours d’année ». Tant qu’aucune date n’est écrite, aucune ligne n’est en retard, et le comité ne voit rien glisser.

  • Aucun lancement

    Le document part en pièce jointe, et chacun y cherche son nom, s’il l’ouvre. Une rencontre d’une heure avec tous les responsables change la suite.

  • Un plan que les employés ignorent

    Les employés prennent leurs décisions quotidiennes sans savoir vers quoi l’entreprise va, et les orientations ne quittent pas la salle du comité.

  • Un suivi qui repose sur une seule mémoire

    L’état du plan vit dans la tête de la personne qui prépare le comité. Quand elle part en vacances, le suivi part avec elle.

Les trois premières se corrigent à l’atelier, les trois suivantes à la rédaction, les trois dernières au lancement et au suivi.

Si votre dernier plan dort quelque part

Vingt minutes suffisent pour voir ce que ça donne sur le vôtre. Vous arrivez avec le document que vous avez, ou avec rien du tout : trois questions suffisent à en poser une première version.