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Chapitre 09

Pourquoi un plan cesse d’avancer

Mis à jour le

En bref

Un plan stratégique cesse d’être mis à jour parce que la tâche s’ajoute à des journées déjà pleines, et parce qu’y retourner coûte le même temps, qu’on ait peu ou beaucoup à écrire : ouvrir, retrouver le tableau, se rappeler le contexte. Ce temps passe inaperçu dans un outil qu’on ouvre vingt fois par jour ; dans un plan qu’on ouvre deux fois par mois, il devient tout l’exercice. Cesser d’y aller est alors un choix raisonnable.

Deux raisons, et aucune n’est un manque de volonté

La première tient à l’organisation : tenir le plan à jour s’ajoute à une charge déjà pleine, et c’est rarement la tâche nommée de quelqu’un. La seconde est la vraie : y retourner a un coût, et ce coût ne baisse pas quand on a peu à écrire. Pour deux phrases, il dépasse ce qu’on vient faire.

La discipline n’y est pour rien. Les mêmes personnes tiennent leur budget, répondent à leurs courriels et ferment leurs bons de travail. Devant une tâche qui coûte plus qu’elle ne rapporte, elles arbitrent correctement.

Ce qui se passe entre l’atelier et l’oubli

Qu’on l’appelle lac-à-l’épaule, planification stratégique ou plan de match, la séquence revient souvent. Deux jours hors du bureau, et le comité repart aligné. Trois semaines plus tard, le document arrive, et il est bon. On le reçoit comme un aboutissement, alors que le plan ne fait que commencer.

L’élan tient encore deux semaines. Puis une commande urgente tombe, quelqu’un part en congé, et six semaines après l’atelier, plus personne ne sait où en est le troisième projet, ni qui devrait le savoir.

Plus le document est complet, plus il est long, et plus il coûte cher à rouvrir : personne ne consulte quarante pages pour vérifier une échéance. Le plan n’a pas été rejeté. Il a cessé de figurer dans une journée de travail normale.

Ce que ça coûte d’y retourner

Si l’entreprise utilise un outil de gestion de projet, le test est à portée de main. Les tâches y bougent, les commentaires s’ajoutent, les gens y vont plusieurs fois par jour. S’il a un onglet « Objectifs », regardez la date de sa dernière mise à jour.

Ce coût a deux parts. Ouvrir, se connecter et retrouver le bon tableau prend le même temps à chaque visite. Se rappeler le contexte prend d’autant plus de temps que la dernière visite est loin. Pour qui y va vingt fois par jour, ce temps se perd dans la masse. Pour qui y va deux fois par mois, il est tout l’exercice, et une personne raisonnable arrête. Ce guide l’appelle le coût de réentrée.

D’où une conséquence qui va contre l’intuition : un logiciel plus complet ne règle rien si le problème est d’avoir à y aller. Les façons de faire vivre un plan se distinguent donc par la fréquence qu’elles exigent, et par la personne qui doit les nourrir.

Si votre dernier plan dort quelque part

Vingt minutes suffisent pour voir ce que ça donne sur le vôtre. Vous arrivez avec le document que vous avez, ou avec rien du tout : trois questions suffisent à en poser une première version.