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Chapitre 06

Des objectifs qu’on peut mesurer

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En bref

Un objectif stratégique traduit une orientation en résultat vérifiable : un indicateur, un point de départ, une cible et une date. Les critères SMART servent à le relire : spécifique, mesurable, atteignable, réaliste, temporel. Sous chaque objectif viennent les projets qui doivent le faire avancer, et sous chaque projet les tâches, chacune avec un responsable et une échéance.

L’orientation dit dans quelle direction aller ; l’objectif dit jusqu’où, et pour quand. Une orientation porte en général un à trois objectifs. Un objectif sans chiffre reste une intention : personne ne saura s’il est atteint, et personne ne sera jamais en retard.

Les critères SMART

Ils servent à relire chaque objectif avant d’adopter le plan. Un objectif qui échoue à l’un d’eux se corrige à ce moment-là, pas au premier bilan, quand plus personne ne sait ce qu’il voulait dire.

CritèreLa question à se poserÀ éviterMieux formulé
SpécifiqueSait-on exactement de quoi on parle ?Développer les ventesSigner de nouveaux clients hors de la région
MesurableQuel chiffre dira si c’est atteint ?Signer plus de clients hors de la régionSigner 15 nouveaux clients hors de la région
AtteignableLa cible est-elle à la portée de l’entreprise, vu ce qu’elle a déjà réussi ?50 nouveaux clients, quand l’entreprise en signe cinq par année15 nouveaux clients : trois fois le rythme habituel, ambitieux mais à portée si quelqu’un prospecte
RéalisteLe temps, les personnes et l’argent nécessaires sont-ils prévus ?15 nouveaux clients, sans personne libérée pour prospecter15 nouveaux clients, et un vendeur libéré à mi-temps inscrit au plan d’action
TemporelÀ quelle date fait-on le bilan ?À moyen termeD’ici le 31 décembre
Les cinq critères d’un objectif bien formulé, appliqués à l’exemple

Assemblé, l’objectif devient : signer 15 nouveaux clients hors de la région d’ici le 31 décembre. Le vendeur libéré à mi-temps n’en fait pas partie : c’est une ressource, et elle s’inscrit au plan d’action et au budget. Atteignable et réaliste se recoupent souvent : le premier compare la cible à ce que l’entreprise a déjà su faire, le second vérifie que les ressources sont prévues. Certaines versions lisent le R comme « pertinent » : l’objectif sert-il bien son orientation ? La question vaut d’être posée dans les deux cas.

L’indicateur et la cible

L’indicateur est ce qu’on compte ; la cible, le chiffre visé à une date. Notez aussi le point de départ, sans lequel une cible ne veut rien dire. Quand il est inconnu, le premier travail est de le mesurer, et la cible se fixe ensuite. Gardez deux indicateurs par objectif au plus : au-delà, on ne sait plus lequel regarder.

Dans le tableau qui suit, chaque objectif est désigné par son nom court, celui sous lequel on le suit : « Développement de marché » est l’objectif de signer 15 nouveaux clients hors de la région d’ici le 31 décembre.

ObjectifIndicateurPoint de départCible
Développement de marchéNouveaux clients signés hors de la région015 d’ici le 31 décembre
Développement de marchéMarchés ouverts, par secteur et par territoire03 d’ici le 31 décembre
Rentabilité par produitMarge brute des dix produits les plus vendusÀ mesurer d’ici le 30 novembreFixée au bilan de décembre
Relève des postes clésPostes clés dont la relève est désignée et formée0 sur 44 sur 4 d’ici le 30 juin
Objectifs, indicateurs et cibles de l’exemple

Quand c’est possible, associez un indicateur de résultat à un indicateur d’avancement. Les clients signés bougent tard ; les visites chez des prospects bougent dès le premier mois. Dans l’exemple, les deux indicateurs du développement de marché sont des résultats. Remplacer les marchés ouverts par le nombre de visites chez des prospects signalerait plus tôt un objectif qui dérape, sans dépasser deux indicateurs.

Ce qu’un plan contient : objectif, mesure, projet, tâche

Le schéma qui suit n’est pas un écran de logiciel. Il reprend l’objectif Développement de marché de l’exemple dans la forme que prend un plan stratégique, où qu’il soit rangé : l’objectif, ses mesures, c’est-à-dire ses indicateurs, les projets qui le font avancer et les tâches de ces projets.

La forme de votre plan

L’objectif Développement de marché de l’exemple, tel qu’il se présente un matin de septembre.

Développement de marchéÀ risque1 en retardéchéance 31 décembreEn cours

Nouveaux clients27 % (4/15 clients)

Marchés ouverts33 % (1/3 marchés)

Projets de l’objectif (2)

  • Prospection Côte-NordEn courséchéance 28 août
    • Lister les donneurs d’ordres de la région

      Prospection Côte-Nord

      En courséchéance 21 aoûtHauteMartin

    • Deux visites sur place

      Prospection Côte-Nord

      À faireéchéance 19 septembreà désigner

  • Grille de prix 2027En courséchéance 7 septembre
  • Salon industrielRattaché à aucun objectiféchéance 14 novembre
Le projet « Salon industriel » n’est rattaché à aucun objectif. Soit il sert une orientation, et on le rattache à l’objectif qu’il fait avancer, soit il n’a pas sa place dans le plan.

Un objectif contient des projets, un projet contient des tâches. La mesure ne contient rien : elle compte. Elle se place à côté des projets, jamais au-dessus, et la conséquence est pratique. Un projet peut avancer sans que le chiffre bouge, et c’est là qu’on voit un plan s’écarter de son objectif.

Si votre dernier plan dort quelque part

Vingt minutes suffisent pour voir ce que ça donne sur le vôtre. Vous arrivez avec le document que vous avez, ou avec rien du tout : trois questions suffisent à en poser une première version.